BORIS IS KING

Boris - One of the first consumer chess computer

Chess Challenger (juillet 1979)

Avec plus de 600 000 unités vendues dans le monde, le Chess Challenger 7 (CC7) de Fidelity Electronics est le premier vrai succès commercial de l’histoire des ordinateurs d’échecs destinés au marché de masse (pour une petite histoire de la compagnie Fidelity Electronic, je vous invite a visiter le site d’un autre passionné des machines d’échecs : http://www.ismenio.com/fidelity.html).

 Le CC7 est d’ailleurs le seul ordinateur d’échecs que je me rappel avoir vu en vente dans ma jeunesse. Je le regardais en catalogue mais, à l’époque, il se vendait beaucoup trop cher pour mes moyens (autour de 200$ canadiens je crois). Voici un extrait d’un dépliant promotionnel américain qui présente le CC7.

 

Celui que je possède (acheté sur e-bay cette année) est un model américain acheté, à l'origine, le 3 octobre 1979 au prix de 89.95 $. Je possède la carte de garantie et le bon de livraison/facture originaux.

 

Comparativement au Boris en bois de noyer, le Chess Challenger est une machine beaucoup plus «marché de masse». En effet, cette machine est faite de plastique, elle est beaucoup plus légère, plus logeable et donc moins coûteuse à produire que Boris. Son architecture interne est différente; deux ans séparent les deux machines et cette période d’effervescence technologique est assez longue pour que la technologie du CC7 en bénéficie de manière assez notable.

 

La machine est basée sur un processeur ZILOG Z-80 cadencée à 4MHz (ce qui est déjà beaucoup plus rapide que le processeur de Boris; un MOSTEK 3850 cadencé autour de 1 MHz). En terme de mémoire, le CC7 possède 4 KB en ROM et 0.5 KB en RAM (pour Boris c’est respectivement 2.5 KB et 0.256 KB) on parle donc du double de capacité mémoire par rapport à une machine comme Boris.

 

Même si je suis un amoureux inconditionnel des Boris, force est d’admettre que le CC7 possède certaines qualités essentielles qui font cruellement défaut à Boris. Je retiens particulièrement celles-ci :

 

  • Sa bibliothèque d’ouvertures. En dépit du fait qu’elle soit très limitée, à peine 100 coups, c’est quand même suffisant pour donner lieu à des débuts de parties plus organisés et plus orthodoxes que ceux de Boris. De plus, la partie se développe plus rapidement au début car lorsque les coups sont dans la bibliothèque, la machine répond instantanément.
  • Son programme semble être beaucoup mieux élaboré que celui de Boris. En effet, même si la machine sort de son livre d’ouverture, elle a tendance à suivre les principes élémentaires des échecs en début de partie. Ainsi, elle a tendance à pousser ses pions centraux, à développer ses pièces et à roquer aussi tôt que possible.

 

Ces qualités contribuent à ne pas mettre la machine en mauvaise posture en début de partie et ce, même aux niveaux le plus faibles. Et, au niveau didactique, elle donne un bien meilleur exemple de la bonne manière d’entreprendre une partie d’échecs.

 

Le Chess Challenger possède 7 niveaux de jeu. Les niveaux 1 (5 sec), 2 (15 sec), 3 (1:20 min) et 7 (3 min) répondent assez rapidement pour rendre les parties agréables.  Le niveau global de jeu de la machine est estimé à 1300 ELO USCF (un fort joueur occasionnel). Le programme ne commet pas de fautes stupides, pour le battre, il faut tout simplement développer une meilleure stratégie. Évidemment, si l’on pousse la partie en phase terminale, on risque d’avoir l’avantage dans la phase de fin de partie où même le débutant s’avère généralement plus fort que ce type de machine.

 

Les plus :

  • Un prix relativement abordable à l'époque;
  • Un bon niveau de jeu avec des temps de réponses agréables;
  • Une belle présentation (plastique imitation bois).

 

Les moins :

  • La machine ne donne aucune information durant sa réflexion, plutôt que d'afficher, par exemple, les coups envisagés ou le temps écoulé ou restant, elle fait clignoter son affichage...
  • L'entrer d'une position spéciale est, à mes yeux, laborieuse (en comparaison avec Boris par exemple).
  • Pas de fonctionnement sur piles. Les composantes électroniques occupent à peine 25% de l'espace dans le boîtier de plastique, ce qui laisse suffisament d'espace pour y loger un compartiment de piles. C'est dommage car cette machine aurait fait un excellent appareil portable.